Un aparté

Je m'éloigne de la raison d'être de ce blog, mais j'avais envie de vous parler de deux très bons livres que je viens de finir.

Le premier c'est "L'ombre du vent" de Carlos Ruiz Zafón, un roman se passant dans l'Espagne franquiste d'après-guerre.
C'est en gros l'histoire d'un enfant qui découvre un livre oublié et part à la recherche de l'auteur. Le reste est difficile à résumer, mais cette quête va créer l'homme qu'il deviendra.
On est à la fois dans le roman initiatique, le roman fantastique (version fin XIXe à la manière du "Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde ou de "La peau de chagrin" de Balzac) et le tableau historique.
Mais ce que ce livre a de merveilleux, c'est le style. Chaque phrase, chaque mot est placé à sa juste place. Il m'arrivait de dire les phrases à haute voix pour le plaisir de les faire sonner :
…"L'imbécile, ou la brute, ne s'attarde pas à raisonner. Il agit par instinct, comme un bœuf de labour, convaincu qu'il fait le bien, qu'il a toujours raison, et fier d'emmerder, sauf votre respect, tout ce qu'il voit différer de lui, que ce soit par la couleur, la croyance, la langue, la nationalité ou, comme dans le cas de M. Frederico, la manière de se distraire. En fait, le monde aurait besoin de plus de gens vraiment méchants et de moins de simples crétins…"
Les personnages, aussi, sont particulièrement savoureux. De l'excellente cuisine :-)
Le traducteur en est François Maspero, et il a fait, comme souvent, un travail remarquable.


Le deuxième livre est "Le paradis des chevaux" de Jane Smiley.
Là, il s'agit d'un roman américain se déroulant dans le monde des courses hippiques.
La construction narrative est très américaine. Chaque paragraphe nous fait sauter d'un personnage à l'autre, sans lien apparent entre eux. On suit ainsi la vie d'une bonne vingtaine de personnes et animaux de 1997 à 1999.
Au départ, et pour peu (ce qui est mon cas) qu'on ne connaisse rien à ce milieu, on est pas mal paumé. Les personnages sont très nombreux, les termes souvent très techniques, puis, on finit par se laisser embarquer dans ce drôle de monde hors du nôtre.
Ce qui rend ce roman très très attachant c'est l'omniprésence de la gent chevaline. Jane Smiley réussit, sans tomber dans l'anthropomorphisme, à en faire de vrais personnages qui compte autant que les humains dans l'histoire. Et puis, on apprend des trucs essentiels : l'arrière-main, vous savez ce que c'est ? Et bien non, ce n'est pas ce que vous voyez lorsque vous mettez vos doigts dans le nez, c'est l'arrière du cheval :-)

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